Arganier et environnement

Arganier et environnement

Arganier et environnement: L’arganier joue un rôle irremplaçable dans l’équilibre écologique de la région. Il protège une faune et une flore originales et diversifiées. Son système racinaire maintient les sols et entretient leur fertilité. Depuis des millénaires, cet arbre a façonné le pays ; il a donné la vie et l’a multipliée à l’infini. Il l’a faite aussi à son image : rude, insaisissable, belle et infiniment captivante. Il a toujours nourri les hommes, les bêtes et même les insectes. Il a retenu le sol et les graines qui sans lui auraient été emportées vers l’océan. L’arganier a sculpté des paysages toujours différents, parfois durs, mais jamais monotones. L’arganier occupe des zones écologiques allant du semi-aride au désertique, où le sol est généralement peu profond. Grâce à son système racinaire puissant, il contribue à lutter contre l’érosion hydrique et éolienne qui menacent de désertification une bonne partie du sud du Maroc. En effet, l’arganier protège et retient le sol par ses racines traçantes et par la strate herbacée qui se développe sous son couvert. Le défrichement soumet le sol aux pluies occasionnelles mais fortes et aux vents violents et fréquents. Les arbres comme l’arganier sont indispensables pour stabiliser le cours des oueds et régulariser leur écoulement. Il n’est pas rare de voir après un orage les eaux torrentielles des oueds charrier des quantités impressionnantes de terre fine et colorer en rouge-brun les eaux de l’océan. Il n’est pas rare non plus de voir, après un défrichement, la formation de dunes terrestres qui, déplacées par le vent, submergent les routes et les cultures. Depuis la mise en garde de Challot en 1949, le problème des dunes mobiles n’a fait que s’accentuer ; elles menacent actuellement des villages entiers dans la région de Biougra. Sur le littoral, entre Agadir et Essaouira, notamment à proximité du Cap Ghir, la comparaison de photos aériennes entre 1957 et 1988 a montré que des parcelles d’arganeraie, défrichées pour la mise en culture, ont dû être abandonnées au bout de quelques années, soit en raison de la disparition du sol par érosion, soit en raison de l’installation de dunes de sable vif.

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